Stéphane Soum

Jeune golfeur professionnel, Stéphane Soum se rend rapidement à l’évidence… Le Green ne va pas suffire à canaliser sa pensée géométrique. Et bien qu’il retrouve au bout du club cette nécessité de maîtriser l’espace, les limites du parcours ne comblent pas son imagination. Il a besoin de concret, de tactile…
Peut-être comme Evariste Gallois, que l’on surnommait le Rimbaud des mathématiques, Stéphane voit des chiffres. Un tourbillon de calculs, algorithmes sensoriels qui cogitent patiemment dans l’espoir d’être matérialisés…

Dans une esthétique aussi précise que le sport qu’il pratique, il décide se lancer dans un travail artistique numérique qui va rendre visibles les équations de son inconscient.

Entre graphisme et photographie mentale, Stéphane trace des labyrinthes, oui, c’est la clef de son travail.
Dans lesquels on se perd, dans lesquels on tombe comme on tombe dans le sommeil.
Des chemins parfaitement maîtrisés dans lesquels on entre, aisément, mais dans lesquels on cherche, jusqu’à l’épuisement.
Peut-être simplement parce qu’il n’y a rien a trouver… Rien que le réconfort d’une image, belle et harmonieuse, qui berce notre pensée et se met à tourner.
Un caléidoscope, une fenêtre sur la pensée maniaque qui nous enferme, nous emprisonne jusqu’à retrouver un sentiment de liberté. Celle de penser à travers soi, dans une dimension qui n’est plus heurtée par le réel. Dans un naufrage de l’humeur.

De son imaginaire cartésien naît un monde parfaitement tourmenté. Se dessinent alors des jardins à la française dont la beauté cubique ne doit pas se laisser altérer par la température, la pente, ou le vent. La précision, la structure, prennent le dessus sur la folie créatrice qui se laisse dompter.

Stéphane Soum